Coface publie aujourd’hui les changements de notes pays @rating intervenus depuis celles publiées lors du colloque annuel « risque pays » du 23 janvier dernier.
Moindre dynamisme aux Etats-Unis, tensions sur les marchés boursiers et surchauffe dans certains pays émergents, ces fragilités constituent des risques significatifs qui amènent Coface à modifier plusieurs de ses notations pays : surveillance négative pour les Etats-Unis, l’Estonie et la Lettonie, déclassement pour la Thaïlande et l’Iran.
Par ailleurs, la Géorgie est reclassée.
Surveillance négative pour les Etats-Unis
Coface a décidé de mettre la note A1 des Etats-Unis sous surveillance négative en raison de plusieurs motifs d’inquiétude.
- Les signes de ralentissement de l’économie américaine se multiplient (croissance de 3,3% en 2006 et 2,4% prévue en 2007).
- Les difficultés du marché immobilier résidentiel sont susceptibles de se diffuser à l’ensemble de l’économie et d’affecter la consommation des ménages.
- Un accès plus difficile au crédit pour les entreprises les plus fragiles pourrait conduire à une augmentation des défauts de paiement et des défaillances.
Dès lors, « même avec un scénario de ralentissement en douceur, Coface prévoit une augmentation des incidents de paiement de 5% » prévient Sylvia Greisman, Economiste en chef de Coface.
L’évolution sectorielle confirme ces inquiétudes.
Coface estime que les risques des secteurs de l’automobile, de la grande distribution, de la pharmacie et de la construction sont toujours élevés.
Concernant le secteur de la construction, la baisse des ventes et l’érosion des prix ont renforcé la défiance envers les institutions spécialisées dans le crédit à haut risque. Les difficultés de remboursement de certains ménages présentant un niveau de risque élevé « subprime » pourraient conduire, en cas de mise en jeu des hypothèques, à une augmentation des stocks de logements invendus et avoir un impact négatif sur les prix.
Coface souligne également la présence de risques élevés sur deux nouveaux secteurs : la chimie et le papier.
Surchauffe dans les Pays baltes : Lettonie (A3) et Estonie (A2) sous surveillance négative.
Après le déclassement de la Hongrie, les PECO représentent toujours une zone où les risques à court terme sont importants. La Lettonie et l’Estonie affichent les signes d’une surchauffe manifeste, liée à une trop forte expansion du crédit. Les taux de croissance y ont atteint, l’année dernière, des niveaux records (respectivement +12% et +11,4%).
Dans le même temps, les déséquilibres se sont accrus, rendant ces économies plus vulnérables à une crise de change et/ou à un ralentissement marqué de l’activité économique. Ainsi, en Lettonie, où circulent des rumeurs de dévaluation, le déficit courant a atteint 20% du PIB, l’Estonie affichant pour sa part un déficit de 14% du PIB. Les entreprises de ces deux pays ont par ailleurs un niveau d’endettement en devises élevé.
En revanche, Coface ne modifie pas la note de la Lituanie, qui apparaît mieux armée que ses voisins pour résister à un mouvement de défiance qui s’étendrait à l’ensemble des Pays baltes.
A l’inverse, à un niveau de risque plus élevé, la note de la Géorgie a été reclassée de D en C en raison d’une croissance qui demeure vigoureuse (elle a encore atteint 9% en 2006 et devrait dépasser 7% en 2007) et de la réduction de sa dépendance envers la Russie. S’agissant de l’environnement des affaires, la Géorgie affiche la plus forte amélioration des pays émergents selon la Banque mondiale, bien que la corruption demeure importante.
Déclassement pour la Thaïlande et l’Iran
La note de la Thaïlande est déclassée de A2 (surveillance négative) en A3 en raison de la conjoncture et de la situation politique détériorée qui pèse sur le climat des affaires. La demande intérieure a nettement ralenti fin 2006 et la croissance attendue pour 2007 a été revue à la baisse à 4% contre 5% en 2006. La dégradation de la situation politique intervient dans un contexte de perte de compétitivité des exportations thaïlandaises, en raison de la hausse du baht et de la concurrence chinoise.
Les exportations d’électronique pourraient en particulier souffrir d’un ralentissement de la demande américaine. Sur le plan de l’expérience de paiement, Coface n’observe aucune dégradation pour le moment mais le contexte actuel est susceptible de fragiliser les entreprises.
La note de l’Iran passe de B en C. Une politique budgétaire radicalement expansionniste et un nouveau dérapage probable des dépenses publiques en 2007, devraient conduire à l’apparition d’un déficit budgétaire. L’activité est portée par les dépenses publiques qui soutiennent la consommation des ménages, mais s’accompagnent d’un niveau d’inflation élevé (17%). Les tensions avec la communauté internationale concernant le dossier nucléaire et les restrictions imposées par l’ONU en décembre 2006 nuisent au climat des affaires et découragent les investissements.
De plus, la frilosité grandissante des banques étrangères et le manque de financements domestiques sont susceptibles d’affecter les paiements des entreprises.
Méthodologie risque pays :
La note pays @rating attribuée par Coface mesure le niveau moyen de risque d'impayé à court terme présenté par les entreprises d'un pays. Elle indique dans quelle mesure un engagement financier d'une entreprise est influencé par les perspectives économiques, financières et politiques du pays concerné.
Ces notes s'appuient sur la double expertise développée par Coface :
- expertise macroéconomique en matière d'appréciation des risques pays au travers d'une batterie d'indicateurs macroéconomiques, financiers et politiques
- expertise microéconomique à travers le suivi sur ses bases de données de 44 millions d'entreprises dans le monde entier, et 50 ans d'expérience en matière de paiement sur les flux qu'elle garantit.
7 familles de risques sont combinées pour aboutir à une note synthétique attribuée à chacun des 154 pays suivis. Les notes se situent sur une échelle de 7 niveaux, A1, A2, A3, A4, B, C, D dans l'ordre croissant du risque. Ces 7 familles de risques sont :
- la vulnérabilité de la conjoncture
- le risque de crise de liquidité en devises
- le surendettement extérieur
- la vulnérabilité financière de l'Etat
- la fragilité du secteur bancaire
- les fragilités de l'environnement géopolitique et de la gouvernance.
- le comportement de paiements des entreprises
Les informations détaillées par pays sont disponibles sur www.cofacerating.com









