François Loos, ministre délégué à l’Industrie et Lord Truscott, Parliamentary Under-Secretary of State, Department of Trade and Industry ont présidé la réunion de lancement du « Forum nucléaire franco-britannique » qui a réuni plus d'une centaine de personnalités, industriels et experts des deux pays, dont trois députés français, MM. Birraux, Gatignol et Gonnot, les responsables des autorités de sûreté, MM. Lacoste et Weightman, et les dirigeants des entreprises nucléaires françaises et britanniques, notamment Mme Lauvergeon (Présidente d’Areva), M. Coley (CEO de British Energy) et M. Gadonneix (PDG d’EDF).
Cette journée de travail s'est ouverte par deux tables rondes. La première sur le thème "les citoyens et l'énergie nucléaire", la seconde sur "le point de vue des industriels".
Tous les participants ont souligné le renouvellement de l'intérêt porté au nucléaire du fait, d’une part de l'envol du prix des hydrocarbures et des incertitudes géopolitiques en matière d'approvisionnement énergétiques et, d’autre part, du réchauffement de la planète dû aux émissions de CO2 des énergies fossiles.
Ils ont également souligné qu’il est primordial de construire une relation de confiance entre les citoyens et les acteurs du nucléaire. Pour M. Weightman, il est essentiel de "travailler à construire la confiance et la mériter" par un contrôle crédible et sans faille. Pour M. Lacoste "l'information des citoyens n'a de sens que si elle est véridique et ouverte". Ils ont insisté sur l'importance d'un débat démocratique de qualité, à tous les niveaux. A cet égard, M. Birraux a relevé qu'en France le Parlement a joué un rôle essentiel, dès l'amont des problèmes, dans un dialogue entre majorité et opposition, étant entendu que « les rôles doivent être parfaitement établis » et « qu’à un moment il faut trancher ». Cette manière de voir est partagée par les industriels. Selon M. Gadonneix : "pour rendre le nucléaire acceptable, il faut un système de contrôle crédible, un débat public transparent et un engagement politique. Je suis convaincu que le nucléaire ne se développe pas s'il n'y a pas un véritable débat politique au niveau national".
Pour les industriels, cette exigence correspond à la nécessité de disposer d'une visibilité et d'une stabilité suffisantes pour mobiliser les investissements nucléaires. Ainsi, M. Coley a estimé que l'une des conditions du succès du nucléaire au Royaume-Uni est "une structure qui nous permette d'être très rapidement fixés sur les autorisations pour permettre les investissements nécessaires".
Les industriels ont souligné la compétitivité économique du nucléaire, qui a fait ses preuves dans une économie globalisée. Mme Lauvergeon a indiqué qu'à ses yeux, nous sommes « dans un univers totalement mondialisé; les chasses gardées historiques, les visions historiques ou étatistes appartiennent au passé ».a-t-elle ajouté.
Lord Truscott a indiqué que d’une part "le nucléaire peut être une partie de la solution pour aider le Royaume-Uni à réduire ses émissions de carbone" et que, d'autre part, "le nucléaire offre des avantages économiques pour le Royaume-Uni". Il a annoncé que, après le Livre Blanc qui sera publié l'an prochain, son Gouvernement veut "travailler avec les industriels du secteur pour explorer plus avant les possibilités offertes par le nucléaire" et pour "les éventuelles nouvelles constructions qui y feront suite". Il a souligné que "toute nouvelle centrale nucléaire devrait être proposée, développée, construite et exploitée par le secteur privé, qui devrait aussi assumer la totalité des coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets".
M. Loos a souligné la concordance de vue de nos deux pays sur le nucléaire, contribution essentielle pour répondre à deux challenges majeurs : le réchauffement climatique et l'indépendance énergétique. Le ministre a insisté sur la nécessité de fixer des objectifs de réduction d’émissions de dioxyde de carbone dans le domaine énergétique, demandant que cet impératif soit partagé par tous les pays européens.
Environnement politique et institutionnel, compétences, et compétitivité de la filière nucléaire, le ministre a souligné l’importance des sujets traités par les experts en ateliers.
Rappelant l’ancienneté de la collaboration franco-britannique dans ce domaine, il a estimé que celle-ci gagnera à être approfondie et que « chaque pays gagnera à partager ses convictions pour promouvoir une vision d'ensemble ». « C’est le sens de ce Forum, demandé par le Président Chirac et le Premier ministre Tony Blair, qui sera permanent ».
En conclusion, François Loos a souhaité que ces travaux conduisent à l’instauration de coopérations de long terme et fructueuses pour le développement durable dans nos deux pays.









